Entretien avec Theo VonWood

Entretien de Theo VonWood par Peggy Ann Mourot, réalisé par mail en août et septembre 2018 à l’occasion de la sortie du graphzine “Twisted” de Theo VonWood chez Phantasticum Press.

Peggy Ann Mourot : Tout d’abord, j’ai décidé de mener cet entretien avec un album en fond. L’album Trance de Chris & Cosey. 



Peggy Ann Mourot : La première fois que je t’ai rencontré, c’était à Marseille, un mois de Mars. Mars on Mars. Tu avais une veste de marin bleu marine, des tatouages, j’en ai logiquement conclu que tu étais une sorte de marin issu de la noblesse teutonne. On a beaucoup ri ce jour là et j’en ai oublié de te demander : d’où vient ton pseudonyme de Theo Vonwood ?

Theo VonWood : C’est la question Fashion ? Ok, bon allons-y. J’avoue que cette veste de marin à un côté “aristo”, mais je ne suis ni marin ni issu de la noblesse teutonne. Je crois qu’on m’a même fait remarquer son côté “BCBG”. J’ai ri et j’ai pensé : si David Lynch, toujours en costard super classe se pointait à un concert à l’Embobineuse (salle de concerts à Marseille NDLR) personne ne le ferait chier parce qu’il n’a pas de tatouages et des fringues des 80′- 90′ achetées en friperie. L’idée n’est pas de me comparer à Lynch évidement, mais bien d’en à voir rien à foutre des codes soit dit en passant ! C’est peut-être la différence entre un modèle et un artiste d’ailleurs, l’artiste ne doit pas rentrer dans une case. Tu partages de l’amour, de la haine, de la sincérité, de la poésie, du rêve, de la violence, tu décortiques le monde pour le recracher à la face de ce même monde, tu ne vends pas des montres ou du parfum. Bref, j’ai fait du bateau quand j’étais gamin avec un vrai aventurier, un vrai marin, un gars qui s’appelait Charlie, il est mort depuis. J’aimerais avoir un bateau à voile et réapprendre à naviguer cela dit.

Théodore était le prénom de mon arrière-grand-père et c’est mon deuxième prénom. Quand j’étais à Berlin entre 2010 et 2013 je me suis mis à gribouiller des personnages dans des carnets de croquis et à peindre, j’ai alors naturellement signé “Theo”. C’était un moment de transition, je commençais l’écriture d’un nouveau chapitre de ma vie, une nouvelle ville, un nouveau pays.”Vonwood” est arrivé après Von McMuffin’ et tout un tas de délires avec des amis/es et comme je faisais beaucoup rire les gens que je rencontrais en leur parlant du Bugey, la région d’où je viens, qui est un peu le Kentucky français, le mot wood a attiré mon attention. C’est une région très sauvage où les forêts font penser à la jungle et j’aime le bois, je suis fasciné par les arbres. Inspiré également par d’autres noms d’artistes comme Greenwood, Downwood, ça c’est fait une fois de plus très organiquement je n’ai pas fait de brainstorming avec moi-même pour en arriver là. Cela sonne encore une fois très aristo, mais ça sonne bien et c’est pas très sérieux, comme la veste ! Mon ami Dario Fariello m’a appelé Theo Dubois sur un set de Multiversal (un collectif de musiciens expérimenteux), j’ai trouvé que c’était cool aussi.Il y a aussi Theo DuPlacard, Samantha Wood va naître bientôt grâce au Gonzine 7 de Sarah Fisthole. J’aimerais un jour aussi signer un bouquin sous mon “vrai” nom Vincent Pernollet. C’est aussi cette bonne vieille histoire de Dr Jekyll et Mr Hyde. Utiliser un nom différent pour développer chaque facette de sa personnalité, pourquoi pas ? C’est toujours un moyen de canaliser une douce schizophrénie.

Peggy Ann Mourot : Artiste multi-instrumentaliste, compositeur et illustrateur.Peux-tu rajouter des traits de ton caractère à cette présentation ? Je sais que l’exercice est impudique, mais il me semble que l’on dit beaucoup de soi en avouant la manière dont on se voit et comment l’on pense être perçu.

 “La musique et le dessin sont une nécessité, une énergie très organique qui explose, qui déborde.”

Theo VonWood : Hummmm, J’aime la création sans compromis, je suis incapable de faire du graphisme ou de la comm’ pour un projet qui ne m’intéresse pas. Peut-être que je serais capable d’arrondir les angles moyennant beaucoup d’argent ? Et encore c’est l’éternelle question. Faire des pubs “alternatives” pleines d’humour pour se foutre de la gueule de cette société dégénérée tout en restant mainstream ? Allons-y ! Prendre le pognon à “l’ennemi” pour le transformer en quelque chose d’intéressant? Je n’y suis toujours pas arrivé en tout cas. Peut-être que je préfère faire des pizzas ou travailler sur un chantier où j’apprendrai de nouvelles choses qui me serviront, ou faire du jardin ou donner des coups de main. Organiser des événements sans pognon où tu crames plein d’énergie (haha). De toute façon je ne suis pas graphiste, j’en suis à ma troisième colorisation de dessin sous Photoshop et moins j’utilise un ordinateur mieux je me porte en ce moment. À ce niveau-là, je préfère utiliser un pinceau, de l’encre, de la peinture, des crayons, des stylos, du papier ! Même si évidemment la tablette graphique et l’ordinateur sont des outils géniaux et très utiles voire incontournable aujourd’hui. J’apprends tout juste à me servir d’un pinceau pour l’instant je trouve ça plus fun que passer ma journée sur un ordinateur. Cela dit j’y reviendrais sûrement pour faire de l’animation un jour. C’est aussi parce que j’ai passé des heures, des nuits, des semaines à geeker sur Ableton live à enregistrer et bidouiller du son sur des écrans d’ordinateurs trop petits. Peut être que quand je me déciderai à acheter un grand écran pour bosser sur de la colorisation de dessin, du montage, etc, cela me motivera à redevenir ami avec ces machines. Pour l’instant, tout comme en musique, j’en reviens à un ampli à lampe, un jack pourri, une guitare ou une basse un piano sans effets, un enregistreur K7 huit pistes si je peux et je vois le dessin de la même façon actuellement, comme le blues. Si je n’ai plus que 3 cordes je joue, si j’ai un stylo déglingué et du papier bon marché, je dessine, c’est tout. La musique et le dessin sont une nécessité, une énergie très organique qui explose, qui déborde. Créer c’est un besoin, après ce que j’en fais c’est autre chose. Comment je suis perçu ? C’est une bonne question. Ce n’est pas à moi qu’il faut demander. J’aime les gens humbles qui se remettent en question et qui se donnent les moyens de faire ce qu’ils aiment dans la vie sans faire trop de concessions. Après on fait du mieux qu’on peut, il faut bien remplir le frigo ou au moins ton ventre quand t’as pas de frigo.

Peggy Ann Mourot : Oui. Je te rejoins complètement sur ce que tu dis à propos du matériel à disposition et sur la nécessité. Je m’y reconnais en tout cas. J’ai commencé à faire des lavis avec le reste d e mon café un jour où j’avais oublié mon encre de Chine…j’ai râlé un peu et puis j’avais envie de peindre et j’étais bien là où j’étais alors j’ai utilisé ce que j’avais. C’est aussi simple que ça, oui, et ça devrait toujours l’être. D’ailleurs l’histoire de la musique regorge elle aussi d’anecdotes d’albums enregistrés avec des bouts de ficelle, ou en 20 min, ou bourrés, ou les trois ! Après, bien évidemment on ne refait pas la chapelle Sixtine avec un rouleau à tapisserie mais trop de « confort » n’est pas forcément synonyme de créativité débordante. J’ai pas dit non plus qu’il fallait avoir faim et être malheureux hein mais on est d’accord enfin je crois ! Quel est ton parcours ? Y compris les changements radicaux et les ruptures…je veux dire par là : les changements de vie, les décisions majeures, etc. Ce que nous sommes – et devenons – se révèle souvent aux articulations de notre existence…voire dans ses interstices…ne penses-tu pas ?

Theo VonWood : Quand j’étais gamin, j’ai passé beaucoup de temps avec ma grand-mère qui habitait juste à côté de notre appartement. J’ai découvert Akira à peu près un an après sa sortie au cinéma en 1987 ou 1988, il passait à la la télé et on l’avait enregistré sur VHS. C’était une des plus grosses claques que j’ai prise à l’époque et peut être encore aujourd’hui. Le manga et le film d’animation n’ont pas pris une ride. Elle m’a fait découvrir David Lynch avec Twin Peaks quand j’avais 11 ans et le Nevermind de Nirvana qui venait juste de sortir cette même année. Et bien avant, Hitchcock, Fritz Lang, Orson Wells, Peter Lorre, Van Gogh, Le Bolero de Ravel tournait en boucle, elle en était fan. Bref, la musique, le cinéma, la peinture. Je dessinais des cow-boys avec elle et elle me faisait réviser mes leçons de piano sur un tout petit clavier casio, au début je me rappelle c’était folklo. Elle était patiente ! À sa mort en 1994 ça a été un grand vide. La même année je me suis mis à la basse et j’ai commencé à faire du punk avec mes potes ! On répétait au-dessus d’une boulangerie. Ensuite il y a eu beaucoup trop de changements radicaux et de ruptures dans ma vie pour que je commence à m’étaler. Déménager à Berlin a été un changement radical, c’est à ce moment que là j’ai arrêté de jouer dans des groupes de musique. Je me suis mis à recomposer avec la même énergie qu’un teenager, sans pression, à être super productif et à arrêter d’être dans l’autodestruction extrême. J’ai opté pour une destruction un peu plus douce maintenant. (rires!) 

Peggy Ann Mourot: Tu as commencé par travailler dans une imprimerie c’est bien ça ? C’est important la dimension “machines” ? Je te vois aussi un peu comme un mécanicien… (décidément…) ça n’est pas du tout péjoratif hein, loin de là. Les machines, la mécanique, les instruments, la dynamique, c’est lié non ?

Theo VonWood : Mon frère est mécanicien, un vrai! Il sait tout faire avec ses mains, ce n’est absolument pas mon cas. Effectivement je ne trouve pas que ce soit péjoratif non plus bien au contraire, je suis totalement admiratif de ces gens qui savent tout fabriquer et tout réparer. J’ai fait un bac professionnel industrie graphique parce qu’à l’époque j’en branlais plus une au lycée et j’avais déjà essuyé quelques refus dans des “pseudo” écoles d’art. J’ai travaillé un petit moment dans l’imprimerie de presse sur rotatives, ce sont des machines immenses. J’étais bobinier/rotativiste, puis très rapidement sur des 4/5 couleurs offset et puis après j’ai bossé dans des bars, j’ai fait plein de boulot différents tout en continuant à faire de la musique. À l’époque j’avais 21 ans et je m’en branlais un peu de tout. Mais en tout cas je n’ai jamais remis les pieds dans une imprimerie jusqu’à ce que je rencontre Pakito Bolino et Le Dernier Cri. Ouais, c’est vrai qu’il y a une connexion entre les machines, la mécanique, les instruments et la dynamique. Il y a quelque chose de fascinant et de flippant dans la révolution industrielle. C’est totalement hallucinant quand tu vois les machines fabriquées au début de 20ème siècle avec tous ces roulements, ces écrous, ces rouleaux ! Le travail de la matière pour en arriver à une Heidelberg mono-couleur par exemple. Mais tout a un prix apparemment dans ce bas monde, c’est les “temps moderne”, l’homme finit par devenir une machine et les machines prennent vie. La musique et la bouffe d’aujourd’hui sont des bons exemples. Tu manges de la merde, tu vois de la merde, t’entends de la merde, au moins on est sûrs que tu comprennes pas Antonin Artaud ! 

Peggy Ann Mourot : Hahaha, bel enchaînement !

Theo VonWood : Je me suis égaré !? Machines, mécanique, instruments de musique ou de torture, oui c’est évident qu’il y a une dynamique. Dans tout ce qu’on fait ou qu’on ne fait pas, dans ce qu’on crée ou ce que l’on détruit il y a une dynamique. J’aime bien bidouiller, je suis plutôt à l’arrache voire parfois “Pierre Richardesque”. Je suis fasciné par les machines, mais ça n’est absolument pas mon truc de passer mon temps à les réparer ou à monter et démonter des amplis, des guitares ou d’autres objets. Cela peut m’arriver sur un coup de tête pour expérimenter et c’est génial, mais c’est souvent foireux.

Peggy Ann Mourot : J’ai lu que tu avais “renoué” avec le dessin en 2016. Ça veut dire qu’il y a eu une rupture ou une pause donc ? Tu dessines et tu es publiés depuis combien de temps du coup ?

Theo VonWood : Ouais c’est vrai j’ai même carrément la sensation d’avoir commencé à dessiner réellement après avoir passé du temps à l’atelier du Dernier Cri fin 2015. Pakito préparait Printnoiz, je bossais comme agent d’accueil des expos de la friche la belle de mai. À l’époque je suis allé voir Pakito pour découvrir le processus d’impression sérigraphique. J’y allais dès que j’avais du temps libre, on imprimait, on façonnait, c’est à ce moment-là que j’ai vraiment découvert l’univers du Dernier Cri. Depuis, d’ailleurs, dès que je me fais rattraper par les angoisses de la société je passe un moment à l’atelier pour me souvenir qu’il faut que je reste fou. Cela dit j’ai moins le temps cette année, d’ailleurs. Je fais les petites mains pour Pakito ou Ben Sanair, on dit des conneries et il y a toujours quelque chose à apprendre, à découvrir, en écoutant, en observant. Avec Printnoiz, Pakito et Corinne (qui s’occupe de l’admin’,de l’organisation des festivals et des expos etc), m’ont fait découvrir énormément de choses par leurs vécus, leurs savoirs. J’ai eu de la chance. En juin dernier j’étais au Tenderete Festival à Valencia avec Corinne avec qui on s’est bien marré et qui est un peu comme une grande sœur à travers le partage de ses expériences de vie perso et dans le monde de l’art, surtout quand t’es en pleine crise pré quarantaine ! Bon bref, à ce moment là (Printnoiz) je ne dessinais plus du tout. Entre 2000 et 2005 j’ai dû faire un tableau, entre 2005 et 2010 bidouiller rapidement sur Illustrator et faire une affiche de concert. Puis arrivé sur Berlin, j’ai recommencé à gribouiller dans des carnets, à essayer de peindre, mais ça restait très en surface. Je passais surtout beaucoup de temps à composer, jouer en live et enregistrer de la musique. En 2014 j’ai fait une expo dans l’atelier d’un pote avec quelques dessins et peintures puis je n’ai pas touché de stylo jusqu’en février 2016. Pakito, voyant mon dépucelage graphique progresser, m’a vachement poussé au cul pour que je dessine. J’étais “agent d’accueil” de l’expo Printnoiz sur laquelle j’avais donné un coup de main à imprimer et relier des bouquins. J’ai donc passé deux mois et demi à observer et découvrir les livres, les dessins, les gravures, les sérigraphies et tout l’univers et l’histoire du graphzine. J’ai pris une grosse claque et j’ai beaucoup appris comme ça. C’est aussi à ce moment-là que j’ai rencontré Boris Pramatarov d’ailleurs, qui m’ a beaucoup influencé.

Pour en revenir à une de tes questions précédentes, cet instant fait partie d’un des changements radicaux dans ma vie, une vraie rupture, c’est clair. Un jour Pakito m’a dit de dessiner sur un mur de l’expo Printnoiz. Je me souviens avoir passé 5 heures à dessiner sur ce mur, Pakito était mort de rire et a dit “bah voilà t’as qu’à faire des petits points ahah!” Et c’était parti, je me suis mis à dessiner de façon obsessionnelle tous les jours. En mars 2016 je partais jouer avec le collectif Multiversal à Istanbul, Pakito m’a filé le contact d’Erman Akçai que j’ai rencontré là bas et qui était déjà connecté aux collectifs Art is Dead et Multiversal. On a bu des bières on s’est bien entendus. Erman m’ a demandé de lui envoyer des dessins. C’est sur que quand j’ai posté la photo du monstre que j’avais dessiné sur les murs de Printnoiz on s’est tout de suite intéressé à mon travail qui d’ailleurs à l’époque se résumait à ce dessin. Puis je suis parti à Rome au Crack Festival avec Julien Gardon qui venait de sortir son livre Dégage au DC pour monter le stand du Dernier Cri où j’ai rencontré plein de gens trop cool et absolument adorables comme Quentin Mabuse qui a crée l’Âppat à Bruxelle et Gabriel Delmas avec qui je me suis bien entendu et qui par la suite m’a proposé de participer à ses zines. Quand Corinne m’a appelé pour partir au Crack Festival j’étais garé sur une aire d’autoroute, quand je suis reparti j’ai fait péter le son à donf et j’me suis dit : elle est pas belle la vie quand même, bordel, nom de dieu, putain !!! Entre temps j’ai rencontré numériquement le jeune et talentueux Thomas Chmp que j’ai rencontré en vrai depuis et son collectif Karbone qui fabriquent leurs bouquins et zines à Montpellier et à qui j’ai commencé à envoyer des dessins. Ce qui m’a ensuite amené à participer au Banzaï de Mad Series, aux graphzines 666666 et SSSXXX édités par Gabriel Delmas, puis en septembre 2016 j’organisais le festival MultiMars (Multiversal à Marseille). Pakito m’a proposé de dessiner l’affiche du festival et de l’imprimer à l’atelier du DC, j’avais bien foiré ma feuille de montage d’ailleurs je me souviens ! J’ai participé au magazine Aequographe qui est, je cite : “une édition singulière, une plateforme dédiée à la visibilité des artistes émergents dans les domaines variés des arts visuels…” C’est à ce moment-là que j’ai commencé à être édité dans des graphzines, je dirais à partir d’avril ou mai 2016.

Peggy Ann Mourot : C’est chouette ça, les rencontres qui changent la vie, qui nous font faire des bonds. C’est précieux.

Theo VonWood: Oui, c’est carrément précieux ! 

Peggy Ann Mourot : Comment procèdes-tu ? Tu prends des notes puis tu y reviens en dessin ? Ou alors non pas du tout, tu dessines puis les choses s’organisent ensuite ? Je te pose ces questions, car il me semble que ton travail lorgne du côté d’une narration qui pourrait s’apparenter à de la bande dessinée…

Theo VonWood : Oui. Je prends des notes, je fais des croquis, mais la plupart du temps je dessine de façon impulsive sans crayonné. En fait j’aime bien quand un croquis reste un croquis, j’ai même du mal à repasser sur mes traits en général ! J’aime beaucoup la forme comix de Liberatore et Tamburini; le dessin, le travail de la matière et la narration de Ranxerox c’est de la haute voltige. Je suis absolument fan de Jiro Ishikawa, Leo Quievreux, Le programme immersion pour moi c’est un putain de chef d’œuvre! Leurs travaux m’influencent beaucoup. Ce qui m’intéresse c’est de jouer avec les cases, de déstructurer, encore une fois de briser les codes. J’ai une passion pour les cheminées bites aussi. 

Peggy Ann Mourot : … (rires) 

Theo VonWood : Il y a une narration dans Strangers effectivement, très abstraite. À ce moment-là j’étais à fond sur le film Waking Life et tout ce qui touche les rêves éveillés ou pas, des interviews de David Cronenberg, Paul Verhoven et David Lynch, qui parlent beaucoup de sexe et de violence dans leurs films ! Mais je ne suis pas tant influencé par la bd je n’ai pas de culture bd mainstream ou très peu d’ailleurs. Tout ça est très frais dans mon parcours “graphique” et mes plus grandes inspirations sont les gens que je rencontre surtout. Les expériences que je partage. Tout converge et commence par Le Dernier Cri c’est sûr, j’en parle beaucoup et loin de moi l’idée de lécher des culs ou de péter plus haut que celui-là, c’est juste comme ça. Évidemment le dessin de Pakito Bolino m’influence beaucoup et de plus en plus, il est puissant, sauvage, agressif sous speed, impulsif !!! Tout comme JuRictus, Sam Rictus, Keiti Ota, Suehiro Maruo, Motohiro Hayakawa, Tetsunori Hawayaka, Evelyne Postic, Samplerman, Emuhamadaraka & Eruhamadaraka, Brecht Vandenbroucke, Martin Lopez Lam,The Pit, Richard Bawin, Liao Lien Wei, Zigendemonic, Moolinex, Jackie Labrune, Charles Burns, Daniel Clowes, et beaucoup d’autres. On s’est échangé nos bouquins avec Diego Lazzarin l’année dernière à Vendetta, je suis tombé en amour avec ce que fait ce mec. Mon ami Andy Leunenberger m’a beaucoup appris sur le dessin et le mode de vie qui va avec ces derniers mois. Cela m’amuse beaucoup de faire des cases et j’aime l’esthétique “abstract comix”. J’aimerais bien un jour faire une BD peut être plus “traditionnelle” avec un scénario, mais je ne m’arrête pas à ça, la sculpture et la gravure m’intéressent beaucoup aussi par exemple. 


“La musique c’est la vie. Le dessin aussi, mais exprimé d’une autre façon…”


Peggy Ann Mourot : Tu es également musicien et compositeur.Le processus d’écriture / de création est-il le même pour toi et procèdes-tu de manière similaire ? Cela relève-t-il du même besoin, de la même envie ? Y exprimes-tu les mêmes choses ? D’ailleurs qu’exprimes-tu ? (rires)

Theo VonWood: Le processus de composition qu’il soit musical ou graphique est assez similaire, pour ma part c’est un processus très organique, ça passe par le cœur et le ventre, très rarement par le mental. Écrire c’est tout de suite quelque chose de plus cérébral et qui me prend beaucoup plus de temps. Tu prends des notes, tu t’amuses avec les mots et les sonorités. Je retouche beaucoup cela peu prendre des mois avant que ça commence à ressembler à quelque chose de moyennement bon hahahaha !!! Je ne suis pas un poète. Peut-être que ça viendra. J’écris au feeling, je n’ai aucune notion d’écriture de lyrics, de scénario ou autre, je pioche un peu partout. Dans la musique j’exprime la joie, la tristesse, l’amour, la mort, l’humour, la débilité, la folie. Je parle de racisme, d’alcoolisme, ou je fais semblant de parler de quelque chose, mais en fait je ne dis rien du tout. Quand je crée avec un instrument c’est très spontané, je prends ce que j’ai sous les mains et des idées, des riffs arrivent. Après quand tu es sur de l’écriture type chanson tu te démerdes pour emboîter ces idées les unes avec les autres. Tu fais ce qu’on appelle des arrangements réalisables en live ou non selon ta démarche artistique pour faire court. Avec le dessin évidemment on retrouve inconsciemment certains de ces thèmes, mais la démarche artistique est beaucoup plus solitaire. Bien sûr tu peux faire de la musique tout seul, mais perso je trouve ça très vite super chiant. Dans la musique il y a cette dimension de partage à laquelle je suis très attachée. Je n’éprouve pas ce besoin-là quand je dessine. Tout simplement déjà, toucher un instrument de musique ça n’est pas la même sensation que celle que tu peux ressentir en tenant un stylo, une plume, un pinceau, une bombe de peinture, etc… Tu ne retrouves pas le même rapport physique. Le son, les fréquences, te transpercent le corps, c’est chimique, ton corps absorbe les vibrations du son qui se matérialisent ondulent grâce à leurs frottements ou plutôt compressions dans l’air qui nous entoure et l’air c’est la vie. La musique c’est la vie. Le dessin aussi, mais exprimé d’une autre façon, je trouve que c’est beaucoup plus introspectif et ego-centré même quand tu fais une collaboration.

Dans les deux cas tout dépend de ta démarche spirituelle je dirais. La musique m’aide beaucoup à dessiner, autant que le silence. Dans Strangers sortie aux Éditions Epox & Botox crée par Aude Carbone, (je me la joue à l’américaine !) je me pose ces questions : Qu’est-ce que c’est un étranger ? Qu’est-ce que l’étrangeté ? À travers une invasion de monstres, une femme qui lit un livre et se transforme petit à petit pour finalement se faire envahir, dévorer par le livre. Le savoir et la connaissance deviennent une épidémie tout comme l’immigration qui amène aux questions des épidémies de frontières, des barrières, des barbelés physiques et mentaux. La couverture de Strangers représente la guerre, les monstres les robots qui viennent nous envahir représentent nos peurs, nos angoisses, nos pires cauchemars, nos fantasmes, un peu comme chez Lovecraft ou E. Poe. (AMEN !) J’écris souvent “borders” dans des seringues ou “normal”. On fait la guerre parce qu’on a peur de la vie, de la différence et en même temps de notre unité et parce qu’évidement l’argent est plus importante que l’humain ! C’est kiki pisse le plus loin ? L’ego, la mauvaise part de l’ego je dirais la part des ténèbres qui fait que l’homme se déchire, se sépare, s’endommage. Alors on range tout dans des petites cases, les religions, les couleurs de peau, les cultures, etc etc… Qu’est-ce que ça veut dire d’être un étranger ? On est tous des étrangers sur cette planète dans cet étrange univers ? Les pilules et les seringues de normalité pour nous sauver de toute cette folie. Une dose de normalité et tout va bien ! Strangers et Normal expriment la même chose, pour moi la normalité est comme le camouflage de la folie, il faut être fou pour avoir envie d’être normal, la normalité ça n’existe pas. On est tous fous et complètement névrosés, différents, authentiques et en même temps similaires. On essaye juste de camoufler tout ça avec une autre idée, celle de la stabilité, en achetant des meubles chez Ikea, des voitures, des maisons, des animaux, des êtres humains, des amis, des likes, des guerres, des maladies, des enfants, des organes, du sexe… La vie est instable, c’est le chaos. La vie est dangereuse, la vie c’est prendre des risques. Destruction et création sont à l’image de notre univers. C’est ce que j’essaye d’exprimer je crois. 

Peggy Ann Mourot : L’auto-production, l’auto-édition, tu baignes dedans. Pourquoi ? En quoi est ce important ? Est-ce une histoire de compréhension et de maîtrise des processus de productions, de fabrications, etc. ? Considères-tu qu’il s’agit d’une suite logique au processus de création ? Tous les artistes ne voient pas du tout les choses comme ça… C’est aussi une histoire de personnes et de rencontres ? Je pense à Pakito Bolino, au dernier Cri, à Aude Carbone… 

Theo VonWood : Il y a un côté do it yourself = indépendance, le contrôle ou plutôt liberté totale de ce que tu veux faire. (On contrôle pas grand chose voire rien du tout !) La compréhension et la maîtrise des processus de productions et de fabrications sont super enrichissantes et permettent d’affiner ou en tout cas changent sûrement ton processus de création. Mais je ne crois pas que ce soit forcément une suite logique au processus de création, tu peux peindre dans ta cave ou exposer tes peintures sans jamais les faire imprimer, jouer de la musique live tout le temps sans enregistrer ou enregistrer en live sans jamais presser sur skud ou k7. Si tu as envie de montrer, de faire écouter, de partager ton travail et celui des autres, la production et la fabrication font entièrement partie du processus de création. Évidemment ma rencontre avec Pakito Bolino, Aude Carbone et Ben Sanair m’a influencé et a renforcé cette démarche d’auto production/ auto édition. Leur démarche est juste surpuissante et plus qu’honorable dans ce monde dirigé par les multi nationales et leurs agences de pubs! La liberté d’expression sera toujours en danger et pas qu’elle d’ailleurs, si seulement on pouvait revenir à l’artisanat au lieu de consommer de l’obsolescence programmée. Regarde le monde autour de nous dans notre chère petite France, c’est le carnage ! Donc oui l’auto prod, l’auto édition, ont toujours été une forme de révolution souterraine. Et aujourd’hui plus que jamais c’est un retour à la discussion au contact entre les gens, à l’entre-aide, au partage des savoirs, au respect de nos forces, de nos faiblesses, de nos différences. Enfin là je pars dans l’utopie mais pour moi à la base c’est ça. L’artisanat, l’art quand il reste à hauteur d’hommes et de femmes, c’est créer, construire, fabriquer quelque chose de précieux. Apprendre ! La vie c’est un apprentissage. Et notre, enfin la planète, les animaux, la vie, notre vie c’est précieux nan ? C’est pas l’usine ! 

Peggy Ann Mourot : À propos de rencontres, tu as fait plusieurs collaborations. C’est une volonté ou le résultat de projets inopinés ?

Theo VonWood: Pour l’instant je n’ai pas fait beaucoup de collaborations, mais il y en a pas mal sur le feu. Je dirais que les collab’ que j’ai faites cette année sont plutôt le résultat de projets inopinés, des rencontres improbables ! Quand je suis allé à Montreuil en février dernier pour peindre la vitrine de la librairie Zeugma, j’ai pris contact avec des dessinateurs que j’avais envie de rencontrer. C’est comme ça que j’ai rencontré Sarah Fisthole et du coup on a dessiné le “Pervers narcisex” en 2 ou 3 jours. C’est Sarah qui a géré la fab et a fait l’impression des couvertures. Dans le Normal j’ai utilisé quelques phrases de Terresa Riemann qui est une artiste performeuse, musicienne, écrivaine qui vit à Berlin, ainsi que deux dessins à quatre mains avec Coda qui est une illustratrice marseillaise dont le travail n’a rien à voir avec le mien, c’était justement intéressant de dessiner ensemble pour ça. J’ai plusieurs collaborations en cours actuellement avec Ben Ohido pour un poster en sérigraphie qui sortira chez Mad Series, je travaille sur un livre en noir et blanc avec Andy Leuenberger, sur l’illustration de textes de Terresa Riemann qui finiront peut être par prendre la forme d’un Thriller graphique, mais je n’en dirai pas plus, il faut garder un peu de surprise et de mystères. 

Peggy Ann Mourot : Tu es régulièrement en goguette à l’étranger. Tu pars en résidence ou en stop ou les deux ?

Theo VonWood : La plupart du temps je pars pour des projets. En ce moment même je t’écris dans le bus qui m’emmène à Ljubljana pour un mois de résidence au Studio Asylum Kud-Mreza/Metelkova. Il m’arrive aussi de passer voir des amis pour rien foutre, mais c’est rare. L’année dernière j’ai fait Berlin Feldkirsch (Autriche) en stop pour faire 15 jours de résidence. Je travaillais à ce moment-là sur les dessins de Strangers et sur les textes de Terresa Riemann. Puis je suis parti à Innsbruck toujours en stop pour jouer et performer sur le festival Onomatopoésie où j’ai retrouvé toute l’équipe de tarés de RPT de Nancy et des Multiversaliens : Tom Detesta, Irma Nex, Giorgio Elleeffezeta et Emilio Berne avec qui je suis finalement parti faire de la musique sur un bout de leur tournée qui s’est terminée à Rome. Je suis en train d’ailleurs de finir de dessiner la pochette de Burst le projet electro noise de Emilio et Tom qui sera édité et imprimé par leur label sur vinyle. Si tout se passe bien. Je suis allé à Oslo et Istanbul pour jouer avec le collectif Multiversal. A Rome, Valencia, pour présenter les stands du Dernier Cri et d’Epox et Botox, à Bruxelles pour les expos collectives “Rouge Bruit” et “Orange Errance” des éditions Epox & Botox auxquelles j’ai participé. D’ailleurs l’année dernière j’avais joué avec Lucas du Cagibi, ce fut une très belle rencontre humaine et musicale même si apparemment on a cassé les oreilles à tout le monde ! Berlin pour travailler avec Andy, bref j’suis à moins trois cents euros/mois, mais j’aime cette vie avec ou sans duvet ! 

Peggy Ann Mourot : Ton projet musical “From Gold Rush from Outa Space” – que je qualifierais de trip hop – est un projet isolé ? Terminé ? En cours ? La musique a quelle place dans ta vie ? Et dans la création ?

Theo VonWood : Gold Rush est né en 2011, j’ai commencé à maquetter ce projet avec mon pote Joachim Cecilio à Ambléon un petit village dans le bugey puis j’ai continué à Berlin en même temps que je faisais du blues bien crade type début du 20 em siècle. J’ai crée Mood Of The Snails en parallèle pour exploiter mon besoin d’écrire de la chanson folk, blues, courte, squelettique sans fioritures. En rentrant en France j’ai fait l’erreur de vouloir le jouer avec des amis, ce fut une catastrophe, même si il y a eu des bons moments, j’aurais du assumer et taper du pied tout seul sur le parquet avec ma guitare comme j’avais pu le faire à Berlin. Bref, j’ai donc continué à écrire pour Gold Rush, j’ai essayé de construire un live et d’enregistrer ce projet en duo, mais à l’époque ça n’a pas fonctionné. Un projet de création ça demande un investissement immense dans les vies qu’on a, c’est un choix qui peut être douloureux alors je me suis mis en tête de l’enregistrer seul. Il y a quelque “featuring” sur le Ep quand même: Renaud Vincent : saxophone et minibrut, Armand Selbmann : modulaire, machine drum, volka beat et Lucie Guiraud qui chante avec sa voix douce et sensuelle. Sinon c’était vraiment l’idée et le kiff de jouer d’un peu tous les instruments et de chanter, de tout faire tout seul et de mixer et masteriser en studio. C’était un rêve qui me hantait depuis longtemps. J’ai rencontré Jean Christophe Andréoni à Marseille avec qui j’ai bossé à ce moment-là, j’ai eu de la chance c’est un homme généreux et talentueux, il a mixé et masterisé les titres. Et voilà ça c’est fait et le Ep est sorti en version numérique en avril 2016. Au même moment je me faisais dépuceler graphiquement par le Dernier Cri. J’ai émis l’idée de jouer ce projet en live seul avec des machines, puis j’ai pensé au duo puis au trio. J’ai refait des résidences sons avec mon ami Armand Selbmann qui m’avait présenté Jean Christophe Andréoni et avec qui je fais de la musique depuis longtemps. On a commencé à enregistré les nouvelles compos. J’en avais accumulé pas mal depuis le temps. On a beaucoup expérimenté et je n’ai toujours pas fini ce deuxième Ep, car depuis je fais surtout du dessin et j’arrive sûrement moins à concilier les deux, en ce moment en tout cas. Je pense que quand j’aurai refait mon site internet je partagerai les tonnes de démos de compos qui pour l’instant sont entassées dans des disques durs. J’ai une nouvelle idée de ce que j’aimerais enregistrer prochainement, mais c’est beaucoup plus punk. Peut être que je garderai le même nom de projet et qu’un jour je me déciderai à trouver un label qui voudra éditer tout ça. J’ai beaucoup joué de musique expérimentale et improvisée ces deux dernières années, mais ça serait un plaisir de remonter une formation pour jouer en live genre dans une énergie à la Jesus Lizzard ou je pourrais juste jouer de la basse au médiator. Jouer à burne avec un batteur et un chanteur fou et pourquoi pas un guitariste ! Quatuor grand max !!! On verra bien ce que la vie nous réserve. Mais en tout cas je joue de la musique depuis que je suis tout petit, grâce à mes parents d’ailleurs, donc je dirais que la musique à toujours eu une grande place dans ma vie et je continuerai d’en jouer et d’en écouter jusqu’à mon dernier souffle. La musique c’est la vie comme je disais avant / avang ( pour les Marseillais !). 

Peggy Ann Mourot : Tu as de nouveaux projets ? Des trucs sur le gaz ou que tu rêves de faire un jour ?

Theo VonWood : Oui, il y en a plein des trucs sur le gaz ! Je travaille actuellement sur mon prochain livre, il y aura peut être une suite au “Strangers” pour 2020. Des idées de collab en veux tu en voilà certaines déjà existantes, d’autres en tête, des expos, d’autres résidences, des voyages en dehors de l’Europe histoire de sortir de notre bulle et éventuellement d’être moins con !? J’aimerais bien faire un film un jour, faire des installations de barjos, faire de l’animation. Je pense faire un documentaire ou un film pas très sérieux avec toutes les images que j’ai récoltées sur la route ces deux dernières années et demie. J’ai très envie de faire un zine type format journal avec des fakes news ! Peggy ça te dit d’ailleurs ? Il faut que j’envoie des mails et j’explique le projet ! Faire de la musique avec She’s drunk ! Faire de l’accueil de résidence graphique à la campagne avec un jardin et un atelier. C’est en cours d’ailleurs pour le printemps prochain pour les résidences, le jardin c’est pas encore gagné. J’ai encore du mal entre la courge et la courgette, mais je garde espoir, j’ai un ami de cœur qui doit me prendre en stage. Faire des ateliers avec des p’tits monstres pour semer d’autres graines que celle que l’on plante dans les écoles ! Me mettre à la peinture et peindre des formats immenses. Peindre sur des murs dehors dans la rue. Écrire plus avec des mots. Repartir en tournée autour du monde avec des gens que j’aime. Apprendre la cuisine japonaise. Il y’a un projet d’expos au Japon en cours d’ailleurs, mais il y’ a encore du taf. Des rêves j’en ai plein, c’est gratuit ! J’essaye de me concentrer sur ceux qui sont réalisables et je trouve déjà que ça prend  du temps. Sinon j’aimerais bien avoir un atelier dans chaque ville d’Europe ou du monde avec du matos pour imprimer, graver, coudre, faire de la céramique, etc.. Avoir une voiture comme Steve Mcqueen dans Bullit, m’habiller comme Cillian Murphy dans Peaky Blinders. Mais surtout continuer à faire ce que j’aime faire dans la vie, c’est déjà presque un “combat” au quotidien parfois mais putain ça en vaut la peine. Mais avant tout et aujourd’hui plus que jamais, sortir mon frère de ces problèmes d’addiction à la drogue et être un super tonton pour son p’tit gars qui a dejà 10 ans. Peut être bien avoir un bout de terrain quelque part un jour ou personne ne viendra m’emmerder ! La terre c’est la vie aussi. D’ailleurs pour finir je citerai Andy Leuenberger qui m’a écrit cette magnifique phrase l’un de nos derniers échanges par mail : “Nothing like some honest manual labour to pull your head out of your ass and out of all the introspective art bullshit.” Voilà, je vous laisse le plaisir de traduire. (Réponse en musique de Théo : soundtrack de Twin Peaks par Angelo Badalamenti) 

Peggy Ann Mourot : D’accord (pour les fake news), j’attends ton mail alors ! Et merci pour tout.  


“Twisted” paru chez Phantasticum Press,
14,8 x 21 cm, 16 pages, mars 2018.

Twisted

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